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Communauté de Communes des Corbières

Le moulin du Ripaud à Fontjoncouse

Le Cartulaire de la Seigneurie de Fontjoncouse :

Les Archevêques de Narbonne devinrent Seigneurs de Fontjoncouse en 963. C’est ainsi que les documents relatifs à l’histoire de cette Seigneurie furent soigneusement conservés dans les Archives de l’Archevêché de Narbonne. L’inventaire de ces Archives effectué en 1639 s’étendait sur près de 5000 pages, 87 titres concernaient Fontjoncouse. L’ensemble de ces archives fut détruit pendant la période révolutionnaire.

Par un curieux hasard, 39 titres concernant Fontjoncouse ont survécu, et pour les 48 manquants, certains ont été imprimés dans l’Histoire Générale du Languedoc au XVIIIe siècle (DeVic & Vaissette). C’est donc à ce dernier ouvrage que l’on doit la conservation des « diplômes » carolingiens instituant et confirmant la donation à un nommé Jean, qui avait vaincu les Sarrazins dans les environs de Barcelone, de la terre de Fontjoncouse.

Ces documents valident l’aprision (terre donnée en bénéfice à un paysan défricheur) effectuée par Jean et ses hommes sur ces terres. Cette procédure d’aprision nous renvoie à l’état du pays de Narbonne en ce temps-là. Les raids des Sarrazins et les batailles qui s’ensuivirent avaient vidé le territoire de ses habitants. La forêt avait repris ses droits sur des terres autrefois mises en valeur par les gallo-romains et les wisigoths. Il ne restait plus que les ruines des villas et des églises.

C’est donc ce lieu des sources, que Jean et ses compagnons, originaires de Tolède en Espagne, choisirent pour le mettre en valeur. Le prêtre Ombolat se joignit à eux et ils dédièrent leur église à Sainte Léocadie, qui était déjà leur patronne en Espagne.

Les seigneurs de Fontjoncouse, au 12ème siècle, prêtent serment aux Archevêques de Narbonne. Une attribution-partage entre Guillaume de Fontjoncouse, Alquier de Fontjoncouse, et Pons de Mailhac, nous donne une mention d’un moulin du Ripaud. Alquier de Fontjoncouse reçoit «Ad Ripariam, quartum in molendino», soit un quart des droits seigneuriaux sur le moulin du Ripaud. Il reçoit également de grandes terres à froment sur le domaine des Palats.

Les vestiges des moulins :

La Départementale 123 qui va de Fontjoncouse vers le Cingle est aussi dénommée Chemin de Maury à Ornaisons. En descendant, on laisse sur sa droite la Route d’Albas, puis le Chemin de Saint Victor. Au bord du Ripaud, à gauche de la chaussée, se trouve un bloc isolé de maçonnerie. Il s’agit de la chute et de la chambre d’eau d’un ancien moulin. Le béal et le bief ont disparu, probablement lors de la construction de la route vers 1870. En continuant, on découvre le Pont, daté de 1872, et constitué d’une demi-arche qui permet à la route de changer de rive. L’ancien chemin empierré subsiste sur quelques dizaines de mètres, à droite du Pont, et descend vers le Moulin du Ripaud. Plus bas, on peut suivre les traces d’un béal de bonnes dimensions, creusé dans le rocher à son point de départ. L’amenée d’eau et la chute constituent un ensemble de maçonneries encore en bon état. Des meules sont toujours en place et la chambre d’eau bien appareillée est encore solide. Comme pour le Pont, on a tiré parti de la configuration des lieux. La voûte de la chambre d’eau s’appuie d’un côté sur le rocher. La meule inférieure fixe, obture une cavité naturelle du rocher ayant servi de passage à l’axe d’entraînement de la meule supérieure.

Dans l’acte du XIIe siècle cité plus haut, Alquier de Fontjoncouse reçoit outre les terres à froment des Palats, et le quart des droits du moulin, le cinquième de vignes et la "tasque" (impôt sur les récoltes) sur une oliveraie proche dudit moulin.

Les vestiges qui demeurent sont ceux d’un moulin à céréales. Seules les meilleures terres permettaient de récolter du blé. On récoltait aussi du seigle, de l’orge et du "méteil" (seigle et blé, semés et récoltés ensemble) ainsi que de l’avoine.

Après «l’optimum météorologique médiéval» (XIe-XIIIe siècles) s’est installée en Europe une période dite « petit âge glaciaire » (1XIVe-début XIXe siècle). Cette période caractérisée par une augmentation souvent catastrophique des précipitations, fut l’âge d’or des moulins à eau dans les Corbières, comme dans la Montagne Noire et la Catalogne. Ils étaient aussi utilisés pour broyer le minerai de fer (moulines). Au XIXe siècle, le climat devint plus sec et l’on construisit beaucoup de moulins à vent. Puis la vigne prit le pas sur les céréales et les olives, les moulins furent abandonnés.

Source :

Lurio des 4 saisons, l'écho de la Berre à la Nielle n°24 - Communauté de Communes de la contrée de Durban-Corbières et Lurio-addl - Imprimerie AEC

Mot clés patrimoine

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