FrançaisAnglais

Communauté de Communes des Corbières

L'église Saint-Félix d'Embres

Avant-propos historique :

Située près d’une source, au bord d’un ruisseau, à l’entrée d’une gorge, à une croisée de chemins, c’est une chapelle aujourd’hui isolée, mais qui, comme plusieurs chapelles du canton, ne l’était pas lors de sa fondation. Ces chapelles se situaient souvent aux carrefours des anciennes voies de communication. Ainsi, la Via Domitia, qui succédait à la voie Héracléenne, longeant les côtes de la Méditerranée, devint impraticable au niveau de Portel. Une nouvelle voie d’accès vers le Sud et la Catalogne s’établit. Développée par Ermengarde de Narbonne, elle sera connue aux XIIe et XIIIe siècles sous le nom de «Voie Mercaderia». Replaçons-nous dans le contexte du VIe siècle, empruntons la voie de communication principale et remontons la vallée de la Berre par Portel et Lastours. Non loin de la rivière, se trouve une petite église, fondée par Diusvirus, époux de Wiliczende, en rémission de ses pêchés. Elle sera remplacée, au VIIe siècle, par une plus grande, Notre Dame du Bon Secours, à quelques pas de là. La route principale continue jusqu'au château de Gléon. Après Gléon, l'itinéraire franchit le col du même nom, en direction de Villesèque, puis de Castelmaure. L’église de Saint-Félix se dresse non loin du ruisseau de Laval et d’une source. L’ancienne voie se poursuit par la Cloutade (ancienne villa) vers l’église carolingienne de Saint-Martin des Cannelles, elle aussi au bord d’un ruisseau et auprès d’une source abondante, et continue vers Nouvelles, Domneuve et Tuchan. Ces églises sont bâties sur les lieux de halte, points d’eau, étapes et carrefours des anciennes voies.
Le village de Castelmaure apparaît en 1084, un fort neuf qu’on appelle Villa de Maurs. La première église de Saint-Félix remonte à l’époque préromane, la majeure partie de la construction actuelle est de la fin du XIe siècle, contemporaine du fort. Elle servit de modèle à la plupart des églises romanes de nos villages, notamment à celle de Cascastel située, elle aussi, au bord d’une rivière et à proximité d’un Castrum.

L’édifice :

Dans l’angle au fond à droite subsiste une cuve baptismale monolithe taillée dans un bloc de calcaire. Ses grandes dimensions suggèrent que sa fabrication remonte à une époque où se pratiquait encore le baptême par immersion. La nef est éclairée à l’ouest par une fenêtre en forme de croix, comme celle de la chapelle du Château de Termes. A gauche, on remarque une élégante architecture à arcatures du XIe siècle. La voûte en arc brisé, dont la poussée est plus verticale que celle d’une voûte en plein cintre, repose sur ces arcatures.
Le bénitier en marbre blanc portant des inscriptions antiques, qui était encore en place en 1890, se trouve aujourd’hui au musée de Narbonne. Sa colonne supporte une croix que l’on peut voir dans le village d’Embres. En 1890, on pouvait encore voir la dalle de marbre de la sépulture d’un membre de la famille de Pompadour, datée de 1587. Une abside circulaire en cul de four termine la nef.
En 1927, lors d’une visite de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, invitée par le Dr Courrent, l’église était en ruines. Le Général Henri Grizaud, dans les années 1960-1970, la débarrassa de la végétation qui la mangeait et parvint à en faire la complète restauration.
Aujourd’hui la Chapelle est devenue le logo des Corbières, mais sa visite demeure restrictive.

La cure de Castelmaure :

Castelmaure était la résidence du recteur dont dépendaient jusqu’en 1790 les annexes de Saint Jean de Barrou et d’Embres. Craignant les excès de la période révolutionnaire, le recteur de Castelmaure, M. Belmas, mit la statue en marbre de Notre Dame de l’Olive en lieu sûr. Cette
Vierge à l’enfant du XIVe siècle réapparut dans l’église de Saint Jean de Barrou, à qui elle appartient aujourd’hui.
Saint Félix de Castelmaure fut bien une église paroissiale et non une chapelle. Elle fut agrandie de chapelles latérales et entretenue jusqu’en 1790. Elle ne fut pas un lieu de pèlerinage.
Son déclin, commencé avec la révolution française fut aussi le résultat de l’abandon du village par ses habitants. Suite à l’agression et au vol (en Mai 1879), dont fut victime la famille Taba, un couple de bergers âgés, la plupart des habitants restants migrèrent vers Saint Jean.
Aujourd’hui, la gorge rocheuse et boisée de Laval qui s’ouvre au-delà de la chapelle revêt un aspect à la fois insolite et accueillant. La vue de Castelmaure au XIXe siècle, donne un autre point de vue, l’endroit semble désertique et inhospitalier. Les abus du pastoralisme, les chèvres, les besoins en bois de chauffage et les charbonniers, avaient laissé les Corbières ravinées et exsangues.
Les communautés de Castelmaure, Saint Jean et Embres ont eu des droits communs et égaux sur les bois et pâturages, droits qu’ils disputèrent, au cours des siècles, aux Vicomtes de Narbonne et à François d’Arsse, Baron de Castelmaure, Seigneur de Cascastel, village où il fut enterré en 1657. Louis de Pompadour, habitant et possesseurs de biens nobles à Castelmaure, maria son unique fille à Joseph de Volontat autre noble habitant de Castelmaure en 1675. Les de Volontat étaient dits seigneurs de Montpezat. Cette famille ne s’est pas éteinte et sa
descendance est toujours active dans notre Contrée.

Source :

Lurio des 4 saisons, l'écho de la Berre à la Nielle n°21 - Communauté de Communes de la contrée de Durban-Corbières et Lurio-addl - Imprimerie AEC
 

Au pied des ruines importantes du château et du village ruinés de Castelmaure, se dresse la belle église de Saint-Félix.
On peut lire son histoire à travers ses pierres, car ses murs sont aux parements nus, alors que tant d'églises voisines ont été recouvertes de crépis.
Petit nef à quatre travées, avec transept, close à l'Est par un chevet circulaire, à plan outrepassé : voici ce que l'on aperçoit au premier coup d'oeil. Mais l'examen de l'édifice en dit plus.
Au XIe siècle, sous l'influence de maçons lombards, on construisit, près du ruisseau et sur une légère pente exposée au Nord, une église, qui, d'après les fouilles du général Grizaud, a été précédée d'une construction pré-romane à chevet carré. Sa nef est couverte d'une charpente portant des arc latéraux. Au Nord, dans la dernière travée, s'ouvre la porte des morts. Face à elle se dresse la cuve baptismale, magnifique bloc monolithe. Et au-dessus, dans le mur pignon, s'ouvre une fenêtre cruciforme, symbole solaire et de résurrection. Symboliquement exprimée à la fois par le baptistère, la porte et la fenêtre, n'est-elle pas émouvante cette conjonction de la naissance, de la mort et de la résurrection ?
Le chevet roman qui comportait à l'origine, petites fenêtres et minces contreforts, a été remanié après les destructions occasionnées par le Duc d'Albe, au XVIe siècle. La voûte en cul-de-four a été alors entièrement transformée et même récemment enduite au mortier.
En même temps qu'on remaniait le chevet, on remplaçait la charpente de la nef par une voûte en berceau brisé et, sans doute à la même époque, ajoutait-on un transept formé de chapelles, couvertes d'une voûte transversale.
Contre le montant de la porte d'entrée se trouve une pierre blanche, manifestement réemployée, qui porte sur deux lignes, une inscription qui paraît arabe. En ce cas, elle pourrait être un témoin de l'occupation maure. Le château voisin ne s'appelle-t-il pas Castel-Maure ?
On voit au musée de Sigean le bénitier en marbre de cette église, qui n'est autre qu'une inscription du Ie siècle, dédicacée à un tribun romain qui avait peut-être là son domaine.
On doit la restauration de cette belle église au général Grizaud, que nous évoquions plus haut. Il y a mis toute sa foi. Une plaque de marbre en rappelle le souvenir.

Source :

Les Corbières - Abbé J. GIRY - A.-F. MARE-VENE - M. BOUILLE - Imprimerie COOPIM

Calendrier

Avril '19 Mai 2019 Juin '19
D L M M J V S
    1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Corbières

è

Facebook

OT Corbières

Corbières Sauvages