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Communauté de Communes des Corbières

L'ermitage Saint-Victor de Fontjoncouse

Le Mont Saint-Victor et son ermitage sont inscrits au titre de la loi du 2 mai 1930 (art. L.341-1 à 22 du code de l’environnement).

La petite chapelle basse soudée à la roche qui marque le sommet de la montagne se remarque à peine quand on franchit la Berre à Ripaud, mais quand on s’est élevé jusqu’au sommet, le témoignage porté par ces pierres nous interpelle. Est-ce seulement une foi exaltée qui guidait les bâtisseurs ? Y avait-il une population agro-pastorale assez nombreuse en ces lieux pour justifier l’édification d’un lieu de culte ? S’agit-il d’une fondation commémorative d’une victoire ? Lorsqu’en 963, Jean et Oda descendants sans héritiers de Jean, venu d’Espagne en 793 à qui Charlemagne avait donné le domaine de Fontjoncouse, font eux-mêmes, donation à l’Archevêque de Narbonne Aymeric, de ce territoire, nous apprenons qu’il y a trois églises à Fontjoncouse, Sainte Léocadie, la principale, Saint Cristol (ou Christophore : celui qui apporte le Christ) et Saint Victor. Sainte Léocadie, patronne de la belle église de Fontjoncouse, est venue d’Espagne avec Jean et ses compagnons et fait partie du sanctoral wisigothique. Des fouilles ont révélé le chevet de la chapelle Saint Cristol, orienté à l’est, selon la tradition wisigothique. Aujourd’hui, rien ne signale ces ruines qui étaient visibles de la route en 1934. Il ne reste de Saint Cristol que le nom d’un tènement et d’une source de Fontjoncouse. Saint Cristol fait aussi partie du Sanctoral wisigothique, mais lui ne vient pas d’Espagne, il était là avant, lorsque les wisigoths étaient encore tous Ariens. Cette chapelle était située non loin d’une villa romaine (Palats) et entourée de bonnes terres. En 963, Saint Victor est qualifié d’église, ce qui laisse entendre qu’une communauté chrétienne vivait en ces lieux hostiles. Saint Victor n’appartient pas spécifiquement au sanctoral wisigothique, c’est plutôt un nom de soldat romain comme Saint Martin. Selon l’abbé Giry, l’architecture de la dite église la rattache à une série de chapelles wisigothiques à plan carré des VIe et VIIe sièles. Le monastère Saint Victor de Montveyre (Mont veyre, en Occitan, veyre signifiant : voir). Au XIIe siècle, un moine de l’Abbaye de Fontfroide, Pierre de Lerce décida de s’affranchir de l’autorité de son abbé et de fonder au Mont Veyre une communauté de cénobites dont il était le seul prêtre. Malgré sa situation et à cause des nombreux désordres dans l’église, ceux-là même que dénonçaient les cathares, il reçut des seigneurs du pays des dons et avantages considérables, dès 1197. Son monastère dédié à Sainte Marie et à Saint Victor, affilié à Saint Victor de Marseille, construit en 1202 aurait été abandonné en 1206.
Pierre de Lerce ayant obtenu le pardon de son abbé et réintégré Fontfroide, les donations qu’il avait reçues revinrent à l’Abbaye de Fontfroide. Il ne reste rien de répertorié de ce monastère éphémère, cependant la chapelle de Saint Victor avait encore en 1271, un chapelain qui occupait l’ermitage. La chapelle primitive fut construite au sommet d’un Pech, à une époque où les alentours n’abritaient que des bergers. On s’attendrait davantage à rencontrer en ces lieux un poste de guet, une vigie comme c’est le cas aujourd’hui. En effet de là-haut, s’ouvre une magnifique
fenêtre sur Sainte Lucie, l’île de l’Authe et la Méditerranée vers le Sud. Les ermites surveillaient-ils aussi le territoire ?

Source :

Lurio des 4 saisons, l'écho de la Berre à la Nielle n°27 - Communauté de Communes de la contrée de Durban-Corbières et Lurio-addl - Imprimerie AEC
 

Pour avoir une vue d'ensemble des Corbières Orientales, il faut monter à l'ermitage Saint-Victor qui les domine à 420 m d'altitude.
C'est peut-être là que l'on peut le mieux étudier leur structure géologique. En effet, les longues strates inclinées des roches sédimentaires, nous rappellent que ce sol continue à se plisser chaque jour davantage et à vivre ; mais qui le remarque à l'échelle d'une vie d'homme ?
Les arêtes blanches du calcaire dessinent un grand paragraphe sur le vert de la garrigue.
Nous souhaitons au visiteur d'y venir par un temps clair afin de découvrir, dans un magnifique panorama, les Pyrénées et les étangs, ainsi que les nombreux châteaux qui couronnent les crêtes.
[...]
Ce haut-lieu a été sacralisé par une chapelle dédiée à Saint-Victor. On dit que ceux qui la desservaient étaient des moines dissidents de Fontfroide. [...]
Ce modeste édifice, à demi en ruine, large de 4,30 m hors oeuvre, long de 12 m environ, est formé d'une nef à trois travées et d'un choeur, plus étroit, à chevet plat et de plan carré. des doubleaux, portés par des piles, sont venus après coup soutenir la voûte de la nef. On s'est servi, pour construire les arcades, d'une pierre plus légère : le travertin. Il n'est pas téméraire de rattacher cette modeste église, à la série des chapelles wisigothiques dont certaines remontent aux Vie-VIIe siècles.
On regrette, à proximité, des antennes de télévision. mais c'est peut-être à cause d'elles que la chapelle est encore debout car ses murs ont été consolidés pour servir d'abris aux appareils électriques qui alimentent les antennes.

Source :

Les Corbières - Abbé J. GIRY - A.-F. MARE-VENE - M. BOUILLE - Imprimerie COOPIM

Mot clés patrimoine

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